Dimanche 1 novembre 2009

Un libre penseur, un philosophe, ne saurait trop s'encanailler à la télévision sous peine de voir sa pensée dégénérer et se corrompre inéluctablement. A force de bouffer à tous les râteliers médiatiques, la pensée s'empatte, devient lourde et gourde, grasse et pesante. Certes les normands goûtent la cuisine au beurre, mais cela suffit pas à expliquer pourquoi la pensée de Michel Onfray plonge, depuis quelques temps, dans les plus profonds abîmes de la médiocrité intellectuelle. Après avoir vociféré avec la meute des journalistes, lors de l'affaire Tarnac, faisant fi de tout recul critique, le voici qui nous donne son avis sur l'affaire Polanski, dans la chronique mensuelle de son site. Je me permets de reproduire ici la totalité du texte qui est fort court :


"Misère! Nous venons d’apprendre que Polanski, citoyen français domicilié en Suisse (probablement par amour du chocolat…), a été appréhendé par la police helvétique au motif qu’il a jadis drogué et alcoolisé une jeune fille de treize ans avant de la sodomiser, puis de se soustraire à la justice américaine qui lui demandait d’ajouter quarante -huit jours à une peine de quarante pour solde de tout compte à cette aventure ! Gageons que, pour les mêmes faits, un quidam serait encore aujourd’hui à croupir dans la cellule d’un pénitencier aux États-Unis. Vaguement black, il aurait même pu goûter de la chaise électrique… En France, notre président, si l’on en croit notre Ministre de la Culture, et notre Ministre des Affaires étrangères, flanqué en cela par un aréopage issu du gotha pelliculaire, estiment injuste cette décision de justice… Si cette bande de mafieux trouvait injustes les décisions de justice concernant les sans-papiers dont on rase les campements d’infortune ; si elle s’indignait de l’injustice faite aux travailleurs dont les patrons-voyous ferment les entreprises avant d’abandonner à leur sort des familles d’ouvriers pour en exploiter de plus misérables ailleurs sur la planète ; si elle s’étranglait devant l’injustice qui consiste à ponctionner l’indemnité maladie d’un accidenté de la vie ; si, si, et si, alors elle aurait droit à crier au scandale concernant le passé pédophile et criminel (c’est le mot qui convient en droit) d’un des VIP du jour.


La pédophilie a une bonne presse. Quand Bayrou rappelle à juste titre que Cohn-Bendit (Le grand bazar, Belfond, page 159) caressait des enfants et se laissait caresser le sexe par eux, c’est Bayrou l’infâme ! Quand Matzneff réédite aujourd’hui sans problèmes Les moins de seize ans, un éloge massif de la pédophilie, y compris sous sa forme marchande, publié en 1974 dans une collection de Laffont dirigée alors par Jacques Chancel, puis qu’il publie le détail de ses frasques chez Gallimard dans une collection pilotée par Sollers ; quand René Schérer contribue au même combat avec Emile Perverti dans une collection animée par Jean-François Revel en 1974, un livre réédité en 2006 ; quand la « Pétition française contre la majorité sexuelle » adressée au Parlement en 1977 invite à dépénaliser la sexualité entre adulte et mineur consentant (!) rassemble la fine fleur des intellectuels d’alors (Derrida & Sollers, Deleuze & Guattari, Sartre & Beauvoir, Althusser & Barthes) mais aussi les désormais sarkozystes Kouchner & Glucskmann, (Bruckner publiant pour sa part une lettre de soutien dans Libération en 1979 en faveur de Gérard R. un inculpé poursuivi pour sa sexualité avec des « jeunes filles de six à douze ans »), personne ne trouve à redire, pas même Dolto, signataire elle aussi…

Les enfants sont les esclaves des esclaves et d’abord sur le terrain sexuel. La raison des enfants, leur logique, leur libido sont leur affaire, pas celle des adultes : je revendique pour eux le droit à une sexualité entre eux, mais en aucun cas avec un adulte, quelles que soient les modalités prétendument consentantes de cette relation. L’ascendant naturel dont dispose tout adulte, notamment par la maîtrise du langage, l’arme de prédilection du pervers, installe de facto la relation sous le signe de la domination. Qui oserait parler du consentement des poules pour défendre le renard ravageant le poulailler qu’il transforme en boucherie ?"


Certes ce texte est démagogique, certes les raccourcis et les amalgames nauséabonds y font office d'argumentation, certes il recourt volontier à l'insulte et à la vieille ficèle de la haine des élites, certes il dégouline de moraline visqueuse ; mais le plus grave dans cette affaire, c'est que Michel Onfray, qui donne des leçons de vertus à Gabriel Matzneff et à Philippe Sollers, semble avoir oublié ce qu'il a lui même écrit par le passé. Dans "Le Désir d'être un volcan," on trouve un texte intitulé : "Otto Muehl : Dionysos incarcéré", dans lequel Onfray prend la défense de l'artiste viennois Otto Muehl, condamné à 7 ans de prison suite à la plainte des parents de deux jeunes filles de 14 et 15 ans, avec lesquelles  il avait eu des relations sexuelles :


"C 'est donc avec l'accord des parents que Muehl entretient une relation amoureuse et sexuelle avec deux jeunes filles de quatorze et quinze ans. Des toiles entreposées aujourd'hui à la communauté témoignent de la qualité de la relation entretenue, de part et d'autre, par Muehl et l'une des deux jeunes filles. Voyant là l'opportunité de manger le père, pour le dire comme le Freud de Totem et Tabou, quelques-uns, dont les parents qui ne s'étaients jamais plaints, par ailleurs, de leur statut ni de celui de leurs filles, ont mis en place un piège qui devait se refermer sur Muehl. Plainte fut portée pour sexualité abusive. Les autorités politico-judiciaires, soutenues par l'assentiment populaire, eurent le triomphe facile. Le procès fut tenu comme s'il s'était agi d'une sorcière persécutée en plein Moyen Âge. La jubilation des bien-pensants fut à son paroxysme lorsque la sentence tomba : sept années ferme. "


 

Il semble qu'à force de fréquenter les bien-pensants, Michel Onfray soit devenu l'un d'eux. Sinon, comment expliquer cette triste palinodie? La définition de la pédophilie et celle du consentement sont-elles à géométrie variable et dépendent-elles de l'artiste que l'on éreinte ou que l'on défend?

 

Par Saint Just - Publié dans : Philosophie
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Dimanche 1 novembre 2009
Par Saint Just - Publié dans : Photographie
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Mercredi 7 octobre 2009

Le christianisme ne consiste pas simplement en une série de lois morales, que l'on devrait respecter ; mais plutôt en un ensemble de pulsions, d'impulsions et de désirs, qui ont pour caractéristique commune de conspirer contre la vie elle même.


Il existe par conséquent des individus qui, bien que ne respectant aucun des préceptes moraux du christianisme, et ne croyant aucunement, par ailleurs, en un quelconque dieu, n'en demeurent pas moins chrétiens, en ceci qu'ils haïssent la vie pour ce qu'elle démontre, chaque jour, de chaos, de joie, de danger, de souffrance et d'ivresse.

 

Par Saint Just - Publié dans : Aphorismes
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Jeudi 1 octobre 2009
Une conférence à contre-courant de l'unanimisme ambiant concernant la question du réchauffement climatique, idéale pour affuter son esprit critique.




Vous pouvez voir la vidéo de la conférence ici.
Par Saint Just - Publié dans : Science
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Lundi 14 septembre 2009
L’économie n’est pas une « science » facile. Depuis plus de vingt ans, les économistes libéraux et leurs fidèles écuyers de la presse nous ont assené leur discours unique sur le marché qui-se-régule-toutseul comme un grand. Au lendemain de la catastrophe financière, les mêmes grands prêtres de l’Économie ont revu leur copie et en appellent désormais à un capitalisme « raisonné ». Exemple parmi mille de ces bavards intarissables, l’éditorialiste Jacques Julliard qui, après avoir inlassablement exhorté la gauche à renoncer à son anticapitalisme archaïque, se vautre à son tour dans la démagogie populacière : « Comme à chaque nouvelle crise, le capitalisme financier appliquera la même recette : prendre l’argent où il est, c’est-à-dire chez les pauvres. Quant aux banquiers, j’en vois beaucoup de ruinés mais aucun de pauvre. […] Alors qu’on ne nous amuse pas trop longtemps avec ces histoires de parachutes dorés. Bien sûr qu’il faut les supprimer, et vite ! Et même, dans la foulée, faire rendre gorge aux Zacharias, Bernard, Forgeard and Co. » (« Les pauvres et les gosses paieront », Le Nouvel Observateur , 11 octobre 2008). L’économiste Frédéric Lordon n’est pas de ces experts-là. Il a toujours dénoncé l’obscénité sans limite de la haute et basse finance. Dans son dernier livre, La Crise de trop [1], il s’étonne que « les banques aient jusqu’ici échappé à l’émeute et au saccage » et lance quelques pistes pour juguler la finance en roue libre et revaloriser la part salariale. À CQFD, nous avons voulu prendre un petit cours d’été d’économie politique, même si en bons erroristes nous continuons à donner la primauté au social, notamment en arpentant nos friches expérimentales. Reste la question cruciale : jusqu’à quand devra-t-on supporter le dogme du profit, le racket du travail aliéné, le racolage consumériste, le mythe de la croissance – même repeinte en vert – et le totalitarisme des firmes ? Le chantier est ouvert au public. Lire la suite sur le site de CQFD.
Par Saint Just - Publié dans : Economie - Communauté : VUES DE GAUCHE
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  • : Le Lupanar, c'est le bonheur caché derrière la porte, le lieu des palabres invertis, un terrible et magnifique bordel. Le lupanar, c'est la ruelle sombre au fond, tout au fond de ton âme, c'est un joli foutoir fermé aux quatre vents, c'est le boxon qui vomit ses ors, ses mousselines et ses dentelles, c'est l'alcool qui monte à l'âme. Le Lupanar, c'est l'amour interlope d'une catin pour Polichinelle. Le Lupanar, c'est la vie, mais en pire.
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